Efficacité, simplicité et vitesse d’apprentissage

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Dans le monde des arts martiaux, nous avons pris l’habitude de prendre comme référence les arts martiaux Japonais, Coréens ou chinois. Lorsque nous imaginons le temps nécessaire pour devenir un pratiquant d’Arnis de bon niveau, nous le comparons naturellement au temps nécessaire pour devenir ceinture noire de Karaté ou de Taekwondo.

Au japon, en Corée, en Chine…

Dans les arts martiaux influencés par la culture chinoise classique, la progression du pratiquant est séquencée en fonction de sa position dans la structure familiale symbolique de l’école. Le grand maître étant le grand-père symbolique, le maître faisant office de père, les autres maîtres étant les oncles, avec des grands frères et des petits. Il est dommage qu’il soit fait peu de cas des Grand-mère, tantes et sœurs. Dans ce cadre, il est primordial que le groupe évolue ensemble et par conséquent le niveau technique des pratiquants aussi. Sans cela, un conflit est inévitable, ce qui à terme affaiblit l’école. Cette approche est fortement teintée de la morale confucéenne.

Au Philippines

Il est important de ne pas généraliser cette représentation aux Arts Martiaux philippins qui ne rentrent pas dans ce cadre culturel et ne sont pas limités par une vision statique de l’individu dans le groupe, caractéristique essentielle de la cultures chinoise ou japonaise et par extension des arts martiaux modernes japonais, coréens, vietnamiens… Cependant, si vous comparez le temps qui fut nécessaire à Myamoto Musashi pour devenir le plus grand escrimeur du japon, vous constaterez que cela fut réalisé en quelques années et surtout quelques batailles et carnages.

Si nous analysons la majorité des arts martiaux et le temps nécessaire pour un apprentissage, nous pouvons constater plusieurs faits intéressants, parfois troublants : Plus l’Art martial est proche de sa forme combative, plus son apprentissage est rapide. Les Maîtres enseignants ces formes de combat concentrent leur enseignement sur les points cruciaux en laissant une grande liberté dans la forme. L’élève prend avec lui (com-prend) une somme de connaissances, en même temps qu’il lui est transmis une expérience acquise sur le champs de bataille. Quand il estime qu’il a tout donné à son élève, le maître se retire de l’enseignement et le disciple doit « polir son art jusqu’à la maîtrise». L’étape suivante consiste à mettre à l’épreuve ce savoir-faire et progresser par la pratique. Il ne peut s’agir que d’un enseignement personnel qui se rapproche du processus de l’initiation: A la manière d’un alchimiste.

Plus l’art martial s’éloigne du combat (pratique sportive ou culturelle), plus son apprentissage est lent.

La majorité du temps, la progression des pratiquants est ralentie intentionnellement, soit pour garder les élèves sous domination (pouvoir ou commerce), soit pour contrôler une organisation. L’enseignement est souvent alourdit de techniques sans grand intérêt et de formes pré-arrangées qui se substituent peu à peu aux techniques profondes. Le chemin de la progression est ainsi contrôlé étape par étape par le maître qui « donne et accorde » en fonction du « bon comportement » de son élève et de son adéquation et/ou adhésion au système.

Les Sports de Combat se révèlent généralement réalistes dans leur enseignement car ils ont tendance à aller à l’essentiel pour obtenir des résultats. Quelques techniques sont sélectionnées en fonction de leur efficacité immédiate dans le cadre des règles de combat (règles du jeu). Malheureusement les sports de combat restent une version édulcorée et simplifiée des Arts martiaux authentiques. Ils leur manque l’essence: Le danger, la peur et les conséquences.

Plus le niveau du maître d’arme est avancé, plus la progression de l’élève sera rapide. Dans ce cas nous remarquons que l’enseignement est souvent centré sur quelques concepts simples, la formation du caractère et la pratique du combat libre.

Plus le savoir-faire du professeur est éloigné des formes combatives, de part son expérience personnelle ou la lignée de ces propres maîtres, plus l’enseignement accumule les techniques. Comme pour palier par la quantité au manque de qualité. Que de temps perdu ! Vous pouvez rapprocher ces remarques du temps de formation d’un soldat dans une armée moderne, ou bien le temps nécessaire pour former un coupeur de tête Dayak dans la forêt de Bornéo ou encore le temps nécessaire pour former un samouraï dans le japon médiéval.

Master Mena José - Arnis Kali

Temps Vs Qualité

Ce n’est pas la longueur de la formation qui fait la différence mais la qualité du temps et son intensité physique et émotionnelle. Nous pouvons faire un parallèle avec Albert Einstein qui eu l’intuition de sa théorie de la relativité à 16 ans. A l’inverse, le philosophe Bachelard commença ses études à l’université à cinquante ans passés et nous donna pourtant des écrits d’une qualité intense. Le génie humain n’est pas confiné par le temps de l’apprentissage mais par l’acquisition de quelques éléments constitutifs incontournables. Apprendre est chose rapide, maîtriser demande du temps.

Tous les styles d’Arnis, Kali ou Eskrima sont des styles «simples» par opposition à des Arts tels que le Kung-fu chinois par exemple. L’art martial est un reflet de la culture pragmatique des philippins et ce pour une raison fondamentale: La recherche systématique de l’efficacité! Les bases sont faciles à apprendre et l’efficacité vient en combattant. Les Guerriers partaient très jeunes au combat et chaque membre de la tribu ou du clan devait être capable de combattre efficacement ; pêcheurs ou paysans. De plus, le confucianisme n’ayant eu aucune influence sur cet Art Martial, l’accès à l’apprentissage n’est pas basé sur une lignée ou une ancienneté: c’est « ici et maintenant » de maître à élève.

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