Global Warming, Global Economy, Global Martial Arts ?

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Il ne se passe pas un news spot sans que le mot « global » ne soit mis en relation avec économie, société, culture, danger, changement…

Quid de nos Arts de combat ?

Pendant des siècles, les arts martiaux de tout continents se sont développé sur les bases de la tradition et du spécifique… L’opposé diamétrale du « global ». Chacun de nous, dans nos écoles respectives, avons appris le codex et les « revelations » de nos maitres fondateurs, qui, d’une manière magistrale et sans équivoque, nous ont « prouvé » que l’essence ultime et quintessence -ciel vérité universelle du « coup de pied au pied par le pied au pied » se trouvait dans les principes directeurs de l’école.

… Vraiment ?

L’image que nous avons, nous, les pratiquants d’Arts martiaux passionnés, est comme d’habitude complètement embrouillé par nos idées romantico-brucilienne sur notre propre pratique. Il est peut-être temps de se réveiller.

bruce lee - big boss

En fait, rendons à César ce qui appartient à Bruce… Ou l’inverse.

Dans notre histoire moderne des arts martiaux, Bruce Lee, est certainement le premier à avoir tenté d’une manière quasi anorexique de trouver des principes applicables et efficaces en combat. Non pas, comme ses contemporains, sur la base de la tradition de « l’Age d’or », mais sur le pragmatisme et le principe scientifique de la verification par l’expérience. Evidement, le réveil est parfois un peu âpre, lorsqu’il s’agit de prendre en plein « visage » que toutes les techniques précédentes ne servent absolument à rien, et que finalement, aucune technique en elle-même n’est efficace.

Quoi que.

En 1963, jab, droite, uppercut et swing = dodo.

En 1973, un side kick (Yoko Geri) avait une chance réelle de faire mal.

En 1980, un « low kick des familles » faisait des dégâts.

En 1995, un amené au sol et Juji Gatame était plutôt facile à placer.

En 2005… le reste de la planète avait deja intégré les concepts de la boxe, du Ju-jitsu, de la lutte et du Muai Thai.

George St Pierre
LE JOURNAL DE MONTRÉAL / AGENCE QMI.

En 2010, George St Pierre montre au monde la signification de l’art du combat, sur un ring.

… 2016, nous avons une comprehension de la totalité des techniques et des strategies de combats. Il est possible d’analyser les combats et les forces de chaque combattant. Nous touchons enfin du doigt la réalité du combat dans les arts martiaux.

Sauf que… il s’agit de combat sportifs et un contre un avec beaucoup de limitations et de règles. Des joutes sportives.

Nous avons des athlètes avec une préparation physique jamais égalée dans l’histoire et une connaissance technique du combat à main nue qui n’a absolument jamais été aussi complète. Un combattant de MMA en 2016 est le meilleur combattant de l’histoire. Vous pouvez envoyer les spartiates et les ninjas de l’age d’or; Ils se feront exploser par nos champions de MMA. Je suis absolument un fan du MMA. Nos champions sont fantastiques.

Maintenant, il convient de recentrer notre vision. A quoi faisons-nous reference?

Sport ou Arts martiaux?

J’ai commencé les arts martiaux en 1968, et ma formation de base était Ju-jitsu et « close combat » avec mon papa comme premier instructeur. Mon premier dojo était le « Kuomintang » de Raiatea en Polynésie, où les nationalistes de Chang Kai Check se préparaient à se battre contre les communistes de Mao. On travaillait et on pratiquait sans aucune autre raison que la pratique elle-même et l’efficacité comme unique concept . Lorsque je suis arrivé en France, ma forme de combat était complètement « désuète », sans intérêt pour la plupart. Heureusement, il y avait « Docteur Justice »; lui, savait.

dr justice
Dr Justice

C’est un sentiment très fort de savoir que tu as dans tes mains une puissance destructrice mais que personne autour de toi ne va prendre cela en consideration. Tu baisses la tête, mais tu gardes un coeur en feu. Plusieurs années plus tard, au Mexique, un ami me donna une conseil que je garde comme un trésor. C’était un réfugié politique chilien, un commandant de l’armée chilienne qui s’était révolté contre Pinochet. C’est aussi mon premier instructeur de combat au poignard; il avait du vécu. Après pas mal de verres de Mezcal, dans une hacienda du Jalisco, il me dit avec une voix toute douce :

Caches dans le fond de ton coeur ton art martial, ne laisse personne voir le feu qui couve. Baisses les yeux, écoutes et ne répond jamais à aucune provocation, acceptes sans broncher les insultes. Maintenant, si tu dois le faire, n’hésites pas une seconde et coupes la gorge de ton ennemi lorsqu’il s’approche de ta famille, avant qu’il ne puisse réaliser que tu es dangereux.

Là, on est dans une autre dimension de l’art martial. La notion de globale n’a plus le même impact. Il ne s’agit plus de connaitre les techniques et les stratégies, ni de de se préparer physiquement. La technique doit avoir été digérée depuis longtemps. Ce qui importe est la maîtrise du moment, du temps, de l’instant.

Doit-on se préparer pour cet instant qui n’a que très peu de chance de se présenter pour la plupart d’entre nous ?

Dois-je devenir paranoïaque en imaginant que cette situation va se presenter ? Dois-je simplement aller jouer au baby-foot car de toute façon ca ne sert à rien de se tirer des plans ?

Finalement nous vivons au vingt-et-unièmement siècle et le monde est sécurisé. N’est-il pas ?

Il n’est pas dangereux d’être trop black, trop blanc ou trop gris. Est-il ?

Trop riche, trop pauvre ou trop blonde ?

Trop Chrétiens, trop Juif ou trop Musulman ?

Les victimes des assassinats de Paris ne pouvaient rien faire. Tout est allé trop vite.

Il est certainement temps de méditer sur le concept de vigilance; ce que les moines Zen japonais appellent « Zanshin 残心« .

Pour tout les pratiquants d’Arts martiaux, quel que soit notre école, nous partageons cette notion, ce concept.

Pour moi, Zanshin est l’essence de l’art martial. Il est certainement la notion la plus globale que nous puissions trouver dans notre pratique de l’art du combat. Alors que la globalité nous pousse à trouver ce qui peu nous faire « gagner » contre l’autre, finalement j’ai espoir que cette globalité ne soit au contraire le moyen de rassembler les pratiquants d’arts martiaux.

Bien évidemment, le monde se partage toujours entre les combattants de l’ombre et les Guerriers de la lumière.

Dans l’ignorance et les délires des psychopathes et des fous de religion, il est toujours difficile de voir la lumière. Combien se perdront à suivre le chemin des illusions ?

Notre monde des arts martiaux, lui aussi est dans cette réalité de 2016. Nous ne sommes qu’un concentré de notre société et malheursement nous avons statiquement les mêmes chances de compter parmi nos pratiquants, des fous de religion ayant perdu la voie et la voix de dieu.

Je suis bouddhiste, j’ai confiance dans mon frère chrétien Greg, mon ami juif Jean-David et mon ami musulman Younes.

Je sais mon camp, je sais mes ennemis. Et toi ?

Master Dani Faynot

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