Histoire du combat aux Philippines – La conquête Espagnole

Facebook
Twitter
WhatsApp
Email

Articles précédent sur le même sujet : Histoire du combat aux Philippines – Ferdinand Magelan

En 1543, Ruy de Villalobos accoste sur les côtes du sud de Mindanao en provenance de la Nouvelle Espagne (Mexique). Il nomme cet Archipel Les Philippines, en honneur du roi Philippe II d’Espagne. Il faudra attendre 1565 pour voir le début de la conquête espagnole. Miguel Lopez de Legaspi reçu la permission de Philippe II pour établir une présence espagnole sur Cebu afin de développer le contrôle de l’archipel à partir de cette position centrale.

La conquête Espagnole aux Philippines

Lorsque les Espagnoles se rendirent plus au nord dans l’île de Luzon. Maynila (Manille) n’était qu’une bourgade de 2000 habitants, habitée par une population métissée de Philippins, Malais de Bornéo et marchands Chinois. Ils se trouvèrent confrontés aux Guerriers du Kali et furent de nouveau surpris par leur expertise du combat. Cependant les conquistadores forts de leurs canons prirent le contrôle de Luzon, qui restait sous l’autorité du Sultanat de Bornéo et qui était par conséquent musulman. Le Datu de Manille n’étant autre que le neveu du Sultan de Brunei.

A partir de cette époque, la caste des guerriers fut abolie par le pouvoir colonial et la pratique des arts de combat interdite pour les Philippins. Cela ne suffit pas cependant pour faire disparaître le kali. Dans la clandestinité, il se renforça tout en intégrant les stratégies de combat et certaines techniques de l’escrime européenne comme la dague et de la rapière.

Comme pour les esclaves africains du Brésil avec la Capoeira, les formes de combat se déguisent en danses rituelles et la pratique du kali se transmet ainsi dans les danses folkloriques appelées Sinulog, qui étaient fort prisés des colons espagnols eux-mêmes. C’est à cette époque que le pouvoir colonial encouragea le port du vêtement philippin connu sous le nom de Barong tagalog, une chemisette transparente qui ne permet pas de cacher un poignard ou une dague. C’est encore aujourd’hui la tenue traditionnelle aux Philippines pour les grandes occasions ou les mariages.

L’interdiction du port de l’épée entraîna le développement des techniques de canne qui sont aujourd’hui la marque des arts philippins. Face à des combattants armés d’acier tranchant, les Arnisadores ou Eskrimadores philippins développèrent des techniques d’une extrême précision capables de désarmer un adversaire en un seul coup et d’attaquer des zones nerveuses et points vitaux sur l’ensemble du corps. Beaucoup de  techniques de désarmement apparurent à cette époque.

Sous l’influence de quatre cents ans de colonisation espagnole et de structures sociales désormais bouleversées, les différents systèmes de Kali changeront pour s’adapter aux nouvelles exigences. Ils perdirent certaines techniques et tout en intégrant d’autres. Dans le secret de la clandestinité, les systèmes de kali s’adaptent. La stratégie du champ de bataille s’efface au profit de la stratégie du combat individuel. Il en est de même des valeurs morales et religieuses qui accompagnent la pratique de l’art martial L’influence de la langue espagnole accompagne et facilite cette adaptation.

Le lexique de l’escrime européenne apporte de nouveaux concepts de combat et comme souvent, la langue conditionne notre vision du monde. Par exemple les angles d’attaque et leur numérotation se généralisent. Dans la région des Visayas, sous influence espagnole très forte, c’est l’art de la dague et de la rapière (espada y daga) qui transforma le plus profondément le kali, jusqu’à son nom d’Eskrima (escrime). Dans cette région, certes l’art du combat se fortifia de par sa confrontation avec l’escrime européenne, mais dans le même temps, sa pratique resta plus contrôlée car le pouvoir colonial était plus fortement établi.

La conquête Espagnole aux Philippines

Facebook
Twitter
WhatsApp
Email