World Arnis Doblete Rapilon

Stage en Aveyron – jour 6

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Vendredi 15/08/2014 – Lanuejouls – Aveyron – France

Nous nous retrouvons un peu avant 07H30 sur la zone d’entrainement extérieure : elle est plus trempée que mouillée. Considérant le temps menaçant, la pluie fine qui tombe par intermitence et le triste état des lieux, Dany nous envoie à la salle de repli : la salle polyvalente.

Dès notre arrivée, nous nous engageons rapidement dans des échauffements variés et des étirements dynamiques.

Un travail de révision et de ré-appropriation d’un des exercices de la veille est mis en place.
Nous nous mettons deux par deux, chacun avec un bâton : face à face et dans une distance intermédiaire, nous exécutons, avec un rythme de plus en plus soutenu, un enchaînement de plusieurs attaque/parade/contre-attaque. L’enchaînement complet amène chaque participant à exécuter une dizaine de mouvements.

Olivier Bérard

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S’enchaîne ensuite un moment où deux activités sont menées de front :
– un travail mains nues contre simple bâton sur une distance plus courte
– une évaluation sur notre niveau en Arnis par deux groupes de deux instructeurs.

Pour le travail mains nues contre simple bâton, face à une attaque donnée, il s’agit de :

  1. s’engager dans un déplacement permettant l’esquive et préparant la contre-ataque,
  2. désarmer l’adversaire avec un mouvement global du corps qui amène à se placer sur son arrière
  3. porter un étranglement d’abord avec le bâton seul puis, selon la réaction de l’attaquant, avec le bâton et un avant-bras correctement placé

L’ensemble de ces temps essentiels est ponctué par des percussions qui visent à destabiliser ou sonner l’adversaire afin de minimiser ses réactions de résistance et/ou d’agression.
Une phase de percussion de l’occiput est expérimentée en fin de matiné pour clore l’exercice et venir compléter ou remplacer l’étranglement.

Pour l’évaluation, nous sommes interrogés sur notre parcours martial, sur notre connaisance de l’Arnis, puis sommes évalués sur des exercices libres ou codifiés : couteau contre couteau, mains nues contre couteau, double bâton contre double bâton, simple bâton contre simple bâton, mains nues contre simple bâton.

Aux alentours de 12H30, nous allons manger et avons une nouvelles fois le plaisir de savourer la cuisine d’Anna, aujourd’hui c’est « Chicken Afritada » en plat et « Buko Pandan » en dessert.
Nous sommes comblés par la qualité comme par la quantité de ce qui nous est offert.
Philippe Avril accompagné de membres de sa famille nous rejoint.

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Vers 14H00, le groupe se scinde : ceux qui demeurent au stage instructeur et ceux qui vont se reposer.

La soirée de clôture commence peu après 18H30. Quelques-uns – pris par des obligations diverses – sont partis durant l’après midi, la quasi-totalité des 18 stagiaires encore debouts est présente pour ce moment de convivialité et de détente. Durant la préparation de l’apéritif, Grég rend les passeports signés par Dany et nous présente individuellement un condensé de notre évaluation du matin.

L’apéritif, vient rapidement et est l’occasion de goûter différentes préparations : vin rouge, vin de noix, rhum arrangé et quelques autres boissons sans alcool. L’ensemble est accompagné de propositions tout aussi variées : biscuits apéritifs, olives, graines diverses, chips encore plus divers…
Il y a même des fraises tagada violettes ! o_O’

JC est aux grillades et brille par son efficacité, la viande achetée sur place est d’une qualité remarquable.
Le repas s’enchaîne tranquilement, entre plaisanteries et bonne humeur… les langues se délient, ça parle Français bien sûr, mais aussi Anglais, Chinois, Tagalog, Occitan… Quelques-uns s’essayent à ses langues, d’autres les écoutent avec intérêt.
Nos différences s’expriment librement et nous enrichissent mutuellement : certaines demeurent interpelées d’en voir d’autres manger de la viande saignante… en particulier quand l’un d’entre-nous rongera – avec un apétit certain – un os quelque peu juteux.

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La soirée s’avance et le taux d’alcoolémie moyen – tout en restant raisonnable – augmente… nous en apprenons de plus en plus les uns sur les autres. Nous découvrons, en particulier, les préférences de JD en matière de sous-vêtements et le comportement de Greg lors de ses débuts en arts martiaux tout comme leurs talents respectifs de géologues. Je ne parlerai pas ici du (volumineux) détail anatomique de JC, qui compte-tenu de sa modestie et de sa pudeur, aprouvera probablement ma discrétion.
Nous apprenons – et ce n’est pas le moins important – la volonté commune des instructeurs et de Dany à péréniser le stage d’été pour les années à venir.

Après le dessert, des chants commencent à résonner… nous traversons minutes après minutes les émisphères et allons à la rencontre de cultures que nous connaissons peu ou pas… nous passons ainsi de chants traditionnels occitans à une chanson de Téléphone, nous nous amusons d’une chanson à boire en onomatopées de Bourgogne pour écouter ensuite un chant en Tagalog… nous partageons nos expériences et nos pensées.

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Peu à peu, quelques-uns d’entre-nous sont amenés à partir : éviter la journée noire du samedi 16 août est important. Ceux qui restent – les plus nombreux – ont le plaisir de faire un voyage en Lorraine grâce à un alcool de mirabelle des plus remarquable… le voyage ne s’arrête pas là, nous regardons de vieilles photos, parlons de Grand Master José Mena… discutons autour d’autres formes martiales et du vécu de certains d’entres-nous.

Plus tard, raisonnés par la fatigue accumulée, nous partons dormir… là, au coeur de cette nuit du 15 au 16 août 2014, quelque part dans la campagne aveyronnaise, nous avons rêvé…
Ces rêves – perdus dans le temps – nous ramenèrent aux moment les plus intenses du stage… moments parfois individuels, parfois communs… moments d’apréhension et de compréhension… moments de plaisir et de joie… moments de douleur physique et parfois de douleur mentale et psychologique… moments qui, loin de nous nuire, nous amènent à mieux saisir la profondeur et la cruelle dérision de nos existences.
Ces rêves nous ont parfois mené bien loin : dans ces terroirs humains que nous avons variablement découverts, dans ces territoires, qui par leurs géographies, forment et dessinent l’incroyable mozaique culturelle – donc martiale – du monde.

Le réveil tarda plus ou moins, laissant poindre un doute saisissant… finalement et après réflexion :

Sommes-nous bien sûr d’avoir rêvé ?

Article écrit par Olivier Bérard pour www.arnis-kali.com - Ceinture Jaune Arnis Doblete Rapilon

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Philippe Avril et sa fille

Version Occitane à la demande de Dani et de tous les autres instructeurs et stagiaires 🙂

Divendres 15/08/2014 – Lanuejols – Avairon – França

Nous tornam trobar un pauc avant 07H30 sus la zòna d’entrainament de dehòra : es mès aigada que molhada.
En considerar le temps que menaça, la ploja fina que cai per intermitencia e le triste estat deus lòcs, Dani nos envia a la sala de retirada : la sala polivalenta.

Tren la nòsta arribada, nos engatjam rapidament dins escauhaments variats e estiraments dinamics.

Un trabalh de revision e de re-apropriacion d’un deus exercicis de la vèlha es botat en plaça.
Nos botan dus per dus, cadun dambe un baston : fàcia a fàcia e dins una distància mièjancèra, hasèm, damb un ritme de mès en mès sostengut, un encadenament de mantuns ataca/parada/contra-ataca.
L’encadenament complet mia cada participant a hèr un detzenat de movements.

S’encadena en siéguer un moment on duas activitats son miadas amassa :
– un trabalh mans nudas contra simple baston sus una distància mès corta
– une evaluacion suu nòste nivèu en Arnis per dus gropes de dus instructors.

Endeu trabalh mans nudas contra simple baston, fàcia a una ataca dada, s’agís de :
1. s’engatjar dins un desplaçament que permet l’esquiva e aprestar la contra-ataca,
2. desarmar l’adversari dambe un movement globau deu còs que mia a se plaçar sus son darrèr
3. portar un escanament en prumèr dambe le baston sol e après, segon la reaccion de l’atacant, dambe le baston e un avant-bras correctament positionat
L’ensemble d’aqueres moments essenciaus es ponctuat dambe percussions qu’an per mira de destabilizar o d’estabanir l’adversari ende minimizar sas reaccions de resistància e/o d’agression.
Una fasa de percussion de l’occiput es experimentada en fin de maitiada ende acabar l’exercici e vénguer completar o prénguer la plaça de l’escanament.

Ende l’evalucion, èm questionats suu nòste itinerari marciau, sus la nòsta conèishença de l’Arnis, e après èm evaluats sus exercicis liures o codificats : cotèth contra cotèth, mans nudas contra cotèth, doble baston contra doble baston, simple baston contra simple baston, mans nudas contra simple baston.

Pròche de 12H30, anam minjar e avèm un navèth còp, le plaser de saborar la cosina d’Anna, auèi es « Chicken Afritada » en plat e « Buko Pandan » en dessèrt.
Èm comblats per la quantitat coma per la qualitat de çò que nos es aufèrt.
Felip Avril acompanhat per membres de sa familha se junta a nosaus.
De cap a 14H00, le grope s’espartís : les que demòran a l’estagi instructor e les que se’n van repausar.

La serada de barralha comença un pauc après 18H30. Quauques-uns – pres per d’obligacions divèrsas – son partits pendent l’apèi-dinnada, la quasi-totalitat deus 18 estagiaris encara drets es presenta ende aqueth moment de conviviença e de relaish. Pendent la preparacion de l’aperitiu, Greg tòrna les passa-pòrts signats per Dani e nos presenta d’un biais individuau un resumit de la nòsta evaluacion deu maitin.

L’aperitiu veng rapidament e es l’occasion de tastar diferentas preparacions : vin rotge, vin de noses, rhum arrengat e quauquas autas bebidas sens alcòl. L’ensemble es acompanhat de perpausicions autan plan variadas :
còcas saladas d’aperitiu, olivas, granas divèrsas, chips encara mès divèrsas…
i a quitament ahragas tagadà vriuletas ! o_O’

JC es a las grasilhadas e s’illustra per la sua eficacitat, la carn crompada sus plaça es d’una qualitat remirabla.
Le repèish s’encadena tranquilament, entre badinadas e bona umor… las lengas se deslègan, se parla Francés plan segur, mès tanben Inglés, Chinés, Tagalog, Occitan… Quauques-uns s’ensajan a aqueras lengas, d’autes las escotan dambe interès.
Las nòstas diferéncias s’exprimissen d’un biais liure e nos enriquissèm mutualament : daubunas demòran mudas de ne véser d’autes minjar carn sagnanta… en particular quora l’un d’entre-nosaus roganharà – dambe una cèrta hame – un òs un petit pauc chucós.

La serada s’avança e le taus d’alcolemia mejan – en tot demorar rasonable – aumenta… n’aprenguèm de mès en mès les uns suus autes. Descobrissèm, en particular, las preferéncias de JD en matèria de sosvestits, tanben le comportament de Greg pendent sas debutas en arts marciaus autant coma las loras qualitats respectivas en tant que geològs.
Parlarèi pas ací deu (plan important) detalh anatomic de JC, que compte-tengut de sa modestia e de sa pudor, aprovarà probablament ma discrecion.
Aprenguèm – e n’es pas le mens important – la volontat comuna deus instructors e de Dani tà perennizar l’estagi d’estiu ende las annadas a vénguer.

Après le dessèrt, cants començan a retrenir… traversam minutas après minutas las emisfèras e anam encontrar culturas que coneguèm pauc o pas… passam atau de cantas tradicionaus occitanas a una canta de « Téléphone », nos amusam dambe una cançon a béver en onomatopèas de Borgonhe ende escotar en siéguer una canta en Tagalòg… partatjam las nòstas experienças e las nòstas pensadas.

Pichon a pichon, quauques-uns d’entre-nosaus son miats a se’n anar : esvitar la jornada negra deu 16 d’agost es important. Les que demòran – les mès nombroses – an le plaser de hèr un viatge en Lorenca mercés a un alcòl de mirabèla deus mès remirables…le viatge s’arrèsta pas aqui, espiam vièlhas fotòs, parlam de Grand Master Jose Mena… devisam a l’entorn d’autas fòrmas marcialas e deu viscut de daubuns de nosaus.

Mès tard, rasonats per la fatiga apielada, partissèm dròmer… aqui, au còr d’aquera nuèit deu 15 au 16 d’agost 2014, en quauques lòcs dins la campanha d’Avairon, avèm saunejat…
Aqueres sauneis – perduts dins le temps – nos tornan menar aus moments les mès intenses de l’estagi… moments còps individuaus, còps comuns… moments de comprenença e de compreneson… moments de plaser e de jòia… moments de dolor fisica e còps de dolor mentala e psicologica… moments que, lonh de nos portar tòrt, nos mian a melhor sasir la pregondor e la cruèla derision de las nòstas existéncias.
Aqueres sauneis nos an còps miats plan lonh : dins aqueres terraires umans qu’avèm d’un biais variable descobèrts, dins aqueres territòris, qui dambe las loras geografias, fòrman e dessenhan l’incresibla mozaica culturala – adonc marciala – deu monde.

Le desvelh tarda plan o pauc, en dèishar puntejar un dobte que nos sasís… finalament e après reflexion :
es qu’èm plan segur d’aver saunejat ?

Olivièr Berard

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